Sortir du cadre

Sortir du cadre, septembre-novembre 2016

Photographie<=>BD<=>Roman Graphique de Bruno Dubreuil, Bertrand Flachot, Gaspard Laurent, Pauline Lavogez, Amandine Maas, Oscar Rana, Luis Yang


Bande dessinée et photographie contemporaines ont en commun de chercher une nouvelle force expressive dans l’occupation de la surface de présentation : le mur pour la photographie, la page morcelée en petits rectangles pour la BD et le roman graphique. Dans tous les sens du terme ils sortent du cadre.

Photo et bande dessinée (à part un soupçon de dénigrement longtemps supporté, face aux tenants des arts nobles) ont en commun l’image figurative fixe. L’idée d’y chercher des passerelles stimulantes, des impulsions mutuelles , vient aisément à l’esprit.

Cependant, là, les difficultés commencent. S’il y a des influences, elles sont généralement à voie unique. La BD s’est renouvelée largement en ayant su adopter la vraisemblance et le clair-obscur dramatique de la photo N/B à haut contraste (comme par exemple Munoz et Sampayo pour leur opus Alack Sinner), mais sans pour autant infléchir le cours de la photographie. Inversement, la photo s’est enrichie en s’inspirant du système narratif à vignettes de la BD, comme Duane Michaels quand il a opéré sa rupture avec la photo humaniste. Mais ceci n’a pas changé le cours de la BD .

Parentés donc, mais sans être compagnons de route, sans cause commune ?

Un terrain d ‘expérimentation et de réactivation vivifiante, et qui, surtout, opère en simultané dans les deux médias, se manifeste depuis peu dans des œuvres très contemporaines. Ceci réside dans l’utilisation de la surface de la page – pour la BD, et de la superficie du mur qui accueille les images – dans le cas de la photographie.

Revoilà Mac Luhan : « le média est le message ». D’habitude c’est involontaire et inconscient. Modifier sciemment le fonctionnement du média, peut produire un plus de sens.

Nous avons tenté de le mettre à jour en invitant sept artistes innovants, trois côté photo et quatre côté BD/Roman graphique. Les premiers se jouent de l’accrochage habituel, de la disposition en ligne, ou en damier, basé sur le rectangle photographique. Les deuxièmes subvertissent pour notre grand plaisir les angles droits, les horizontales, verticales, lignes et subdivisions des rectangles dessinés.

Carlo Werner / IMMIXgalerie


Accrochage


Vernissage