OGM

OGM : 22 février au 30 mars 2019

Les OGM ( organisme génétiquement modifié ) font moins parler d’eux. Les fortes restrictions gouvernementales en France et dans la communauté européenne, à leur encontre, pour empêcher une possible dérégulation profonde des équilibres naturels, y sont probablement pour quelque chose.

En effet, statistiquement l’Europe qui pourtant détient une part mondiale importante de l’agroalimentaire, ne consacre que 0,004% des terres arables mondiales à la culture des OGM (soit 150.000 hectares sur les 5 milliards de surface agricole utile (SAU) du globe. Ceci s’oppose aux 60 millions d’hectares dévolus aux végétaux OGM aux seuls Etats Unis, suivi de près par le Brésil.) De surcroît ces quantités, dernièrement, diminuent de 3% par an en Europe alors que c’est la tendance inverse aux E.U. (1)

Les ONG Attac, Via Campesina, les Faucheurs Volontaires et l’office gouvernemental régulateur français AFFSA veillent au grain, si bien que l’état américain déjà en 2003 accuse la France d’un « moratoire de fait » sur la vente de semences et d’aliments génétiquement modifiés. (1)

Néanmoins à en juger par les travaux de jeunes artistes français, dont ceux que nous avons l’honneur d’exposer, la page n’est pas tournée et la question des OGM reste vivace. Sans choisir le camp des pour ou des contres ils y reviennent avec humour et ironie, sinon autodérision. Comment évacuer en effet les promesses des bienfaits possibles et les dangers probables des OGM . Aucune étude des risques ne semble fiable, tant on apprend à chaque fois que le quorum des scientifiques est infiltré par des positions partisanes, d’autant plus que souvent les réalisateurs des études, y compris des méta-études, sont rémunérés directement ou indirectement par les entreprises intéressées : Monsanto, Bayer, Basf etc.

Tous ces artistes parlent de monstruosités : pétales géants imprégnés photographiquement de paysage urbains ou on sent les effluves industriels pour Sirine Ammar, herbe en rouleau pour Romain Moncet, lys aux couleurs métalliques pour Pauline d’Andigné, bouquets d’images pour Vilma Pimenoff, « bush » à feuillage carré répétitif pour Alexandre Gras et foudre ensachée pour Thibaut Caire.

Et tous, à l’exception d’Alexandre Gras, sans refuser le contresens pour notre grand plaisir, en pleine contradiction suavement dialectique, et sans apparente culpabilité si ce n’est justement la monstruosité elle-même, ont goulument et avec ingéniosité artistique recours à ce qui peut être pris pour de l’OGM photographique : les nouveaux supports qui remplacent la fibre de bois du papier ou du papier-photo comme le pvc souple pour Romain Moncet et Pauline d’Andigné, la toile cirée pour Vilma Pimenoff, le silicone pour Sirine Ammar ou l’utilisation contre-nature des crevasses du papier par Thibaut Caire.

La petite dose d’autodérision, dans leur hésitation très humaine devant la tentation du diable, fait du bien.

Carlo Werner

 

 

(1) Statistiques issues de Wikipédia – article « Organisme Génétiquement Modifié », Nature-Science.com – article « La production OGM repart à la hausse dans le monde », Wikipédia – article « Surface agricole utile »


Accrochage


Vernissage


Rencontre et débat